La bonne image du lapinLa bonne image du lapin

La bonne image du lapin

La filière lapin constate une tendance à la baisse de la consommation de cet animal. Elle a commandé une étude* dont les résultats ont été présentés récemment, afin de comprendre les raisons de cette désaffection.

L’Ifop constate une consommation déclarée de viande de lapin en léger repli : huit Français sur dix affirment consommer du lapin (- 2 % par rapport à la dernière enquête de 2010). Ce chiffre est plus élevé chez les personnes âgées de plus de 50 ans (89 % de consommateurs), les hommes (87 % contre 73 % pour les femmes) et chez les personnes interrogées qui ont connu un élevage domestique de lapins (87 %). Le score est loin d’être mauvais chez les jeunes consommateurs : 69 % des 15-24 ans déclarent manger du lapin. Point noir de l’étude, la part de consommateurs réguliers décroît : 15 % déclarent manger du lapin au moins une fois par mois, un chiffre en recul de 10 % par rapport à 2010. En revanche, la part des mangeurs « exceptionnels » progresse : 10 % en mangent moins d’une fois par an (+ 7 %). Ces variations s’expliquent certainement par le fait que l’acte d’achat de lapin est le plus souvent spontané. Pour 58 % du panel, c’est en voyant du lapin que vient l’idée d’en consommer. A contrario, trois consommateurs de viande de lapin sur dix (29 %) affirment qu’ils ne mangent pas plus souvent du lapin car ils n’y pensent pas. Conséquence de cette spontanéité de la consommation, le lapin est principalement mangé à domicile (66 % du panel, + 5 % par rapport à 2010). Il est principalement préparé mijoté, au four ou à la sauteuse.

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La viande de lapin jouit d’une bonne image auprès du public : 80 % ont une bonne image, 24 % déclarent même en avoir une très bonne image. Pour les Français, c’est une viande qui a de bons atouts nutritionnels et culinaires, et que l’on peut cuisiner pour n’importe quelle occasion. La question du prix n’est pas négligeable. « Le coût impacte sensiblement l’image du produit : six personnes interviewées jugent chère la viande de lapin (62 %), qu’ils évaluent à 12,10 euros le kilogramme vendu entier au consommateur », constatent les auteurs de l’enquête. Un sentiment qu’il convient toutefois de modérer. Seuls 16 % du panel se déclarent « franchement convaincus » de ce problème de prix.
Olivier Masbou

Ifop pour Franceagrimer et le Comité lapin interprofessionnel pour la promotion des produits français (Clipp), « Étude sur l’image de la viande de lapin et de la filière cunicole »

L’origine France plébiscitée

Le consommateur de lapin attache une grande importance à la traçabilité du produit. 
L’origine française du lapin est le premier critère de choix aux yeux des consommateurs français (44 %), loin devant le prix du produit (27 %) ou d’autres garanties, comme la présence d’un label de qualité (26 %), l’information sur les conditions d’élevage (12 %) ou la garantie sans OGM (9 %). Un logo Lapin de France a été mis en place. Il s’inscrit « dans le pacte de confiance des acteurs des filières animales françaises réunies au sein de Viandes de France ». La viande de lapin qui porte ce logo garantit toujours une viande issue d’animaux nés, élevés, abattus et transformés en France. Cette garantie fonctionne. Le consommateur affirme avoir « plutôt confiance » vis-à-vis du mode d’élevage des lapins à 73 % (+ 11 % par rapport à 2010 !).

Le poids économique de la filière cunicole

• 1 200 éleveurs professionnels (+ de 200 mères)
• 8 000 emplois directs et indirects
• 600 millions d’euros de chiffre d’affaires
• 1/3 des exploitations cunicoles sont spécialisées
• 42 % des éleveurs de lapin sont des femmes (contre seulement 23 % en moyenne pour l’ensemble des agriculteurs)
• Un bassin de production concentré dans l’ouest du pays :
Pays de la Loire (52 %), Bretagne 11 %, Poitou-Charente (16 %), Nord (5 %), autres (16 %)

Les circuits de distribution du lapin (plusieurs réponses pouvaient être données)

54 % Hypermarchés ou supermarchés au rayon traditionnel avec un boucher
51 % Hypermarchés ou supermarchés en libre-service
33 % Bouchers/volaillers
20 % Marchés
19 % Vente directe