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La consommation de veau est en berne

Avec la diminution de la consommation de viande, le veau est, lui aussi, touché par une érosion des ventes. Là encore, les consommateurs préfèrent manger moins de viande, mais de meilleure qualité. La France demeure le premier marché mondial.

En France, la filière du veau est à l’origine d’un grand nombre d’emplois, avec, en 2017, près de 12 500 salariés (chiffres Interbev) et 2 900 élevages recensés. Au niveau européen, la consommation avait dépassé les 390 000 tonnes, tandis que le prix moyen de vente au consommateur avoisinait les 16 €/kg. La France,  l’Italie et la Belgique se partagent 70 %  du marché européen. Les Français, avec 35 % de la consommation européenne, sont les premiers consommateurs de veau (3,5 kg par an en moyenne). Seulement voilà, chaque année le marché du veau connaît une lente érosion : les abattages de veaux de boucherie ont à nouveau baissé en 2019, à hauteur de 0,9 % (soit – 11 000 têtes par rapport à 2018), tandis que le  début de l’année 2019 a été marqué par une hausse importante des abattages aux Pays-Bas et en Belgique, ce qui a fortement encombré le marché européen et fait chuter les prix, entraînant une crise historique du marché des veaux de boucherie. Les huit premiers mois de 2019 ont ainsi vu une baisse de 8 % du prix pondéré du veau de boucherie, puis les prix ont flambé en fin d’année. Et d’après les données de Kantar Worldpanel, « les achats par ménage français de viande fraîche de veau  ont poursuivi leur diminution entre 2018 et 2019 (- 6 % en volume par rapport à 2018) » alors que la diminution « était  déjà de 5,8 % entre 2017 et 2018 ». Selon cette étude, « avec un printemps et un été 2019 chauds les ménages français ont été moins enclins à consommer de la viande de veau ». Outre les saisons chaudes qui ont eu lieu en 2018 et 2019, la baisse de la consommation se corrèle au prix de la viande de veau : elle reste parmi les viandes les plus onéreuses pour le consommateur en bout de chaîne (16,10 € / kg). « Le prix élevé de la viande est également un frein pour la restauration hors domicile. Si la consommation hors domicile de viande  augmente en général, la viande de veau semblerait moins concernée », note  Kantar Worldpanel. Devant cette chute  de la consommation, l’érosion de la production est structurelle. Alors que en 2010 on estimait à 1,5 million de veaux abattus ; en 2018, on n’en dénombrait plus que 1,26 million.

La consommation de veau est en berne

M. R.