Viande de chevalViande de cheval

Viande de cheval

Un produit en chiffres

La consommation de viande de cheval ne cesse de reculer. Et pourtant, elle reste la viande la plus chère.

La consommation totale de viande de cheval est en net repli (- 21 %) en 2020. Elle subit une baisse continue en France depuis des décennies. Ainsi, elle a reculé de 75 % entre 1998 et 2018, et encore de 15 % entre 2018 et 2019. Désormais, moins de 10 % des ménages consomment de la viande de cheval. Très exactement, 9,4 % des foyers ont acheté de la viande de cheval au moins une fois en 2020, ce qui représente environ 6 millions de personnes. La quantité moyenne achetée se révèle donc faible : moins de 2 kg de viande chevaline par an et par foyer, contre plus de 10 kg en viande de bœuf. Les consommateurs sont généralement âgés, 80 % des achats sont effectués par les 50 ans et plus. Paradoxalement, alors que la viande de cheval reste la viande la plus chère (plus de 18e/kg en moyenne, un prix toujours en hausse, même si la hausse est légèrement moindre comparée à celle des autres viandes de boucherie fraîches), la majorité des acheteurs est issue des classes sociales modestes. « En 2019, les classes modestes et moyennes inférieures comptabilisaient deux tiers des achats contre un tiers pour les classes aisées et moyennes supérieures », écrit l’IFCE*. La consommation de viande de cheval est également marquée territorialement. Ainsi, elle est davantage consommée dans le Nord que dans le Sud. Elle est par ailleurs principalement achetée dans les circuits de distribution traditionnels (54 % dans les boucheries chevalines, dans les boucheries traditionnelles et sur les marchés) que dans les GMS (45 %). Mais le nombre de boucheries hippophagiques est en fort recul. Elles sont passées de 1 035 en 2005 à 307 en 2018 (il y avait 300 boucheries chevalines rien qu’à Paris au début du XXe siècle !). Tout cela se traduit également par une baisse des abattages. En 2020, les abattages d’équidés sont au plus bas depuis dix ans. Ils sont en recul de 15 % par rapport à 2019. Ils représentent moins de 6 840 têtes en 2020, soit trois fois moins qu’en 2013. L’essentiel de la viande de cheval consommée en France est importé. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas d’origine nationale. En effet, les chevaux de trait produits en France pour la boucherie sont principalement exportés avant 18 mois pour être engraissés à l’étranger, majoritairement en Italie. « Les chevaux abattus en France sont essentiellement des chevaux adultes dont la qualité de viande correspond mieux aux attentes du consommateur français précise l’IFCE. Ces animaux sont soit des chevaux réformés d’une autre utilisation antérieure (trait, course), soit des chevaux importés vivants pour la boucherie et provenant principalement d’Europe occidentale. » Les importations de viande de cheval (environ 7 000 tonnes) sont en recul de 22 % par rapport à 2019. Les exportations françaises de viande de cheval sont aussi en repli de 19 % à 2 800 tonnes. Les exportations françaises de chevaux vivants destinés à la boucherie se sont contractées de 2 % en dépit d’une nette progression vers l’Italie qui représente 70 % des achats et dans une moindre mesure vers l’Espagne (26 % des achats). Le Japon est le troisième client de la France.

Olivier Masbou

* Institut français du cheval et de l’équitation

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