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voyons le verre à moitié plein

La vendange 2018 sera abondante en France et de bonne qualité. Une bonne nouvelle pour un vignoble affecté par les déboires climatiques ces dernières années.

Le sourire est revenu sur le visage des producteurs et commerçants en vin français. Après un millésime 2017 d’une faiblesse record en volume, le ministère de l’Agriculture annonçait fin août une récolte de 46,1 millions d’hectolitres, soit une progression de 25 % par rapport à l’année précédente et de 5 % sur la moyenne des cinq dernières années. Le conseil viticole de Franceagrimer, voix des professionnels, se montrait plus prudent, avançant 44,5 millions d’hectolitres, soit au même niveau que la moyenne quinquennale.

Le bilan est contrasté : d’un côté, la Champagne, qui a connu une vendange exceptionnelle, et le Bordelais, qui retrouverait en 2018 des niveaux de production « normaux », entre 5 et 5,7 millions d’hectolitres, et de l’autre, les vignobles du pourtour méditerranéen, qui ont à nouveau essuyé maladies et intempéries. Le Languedoc-Roussillon s’attend à une récolte de 12 millions d’hectolitres, inférieure à la moyenne quinquennale, et le Sud-Est, dont la Provence, prévoit 4,7 millions d’hectolitres, soit – 11 % sur la moyenne des cinq dernières années. Dans l’ensemble, l’heure est néanmoins à l’optimisme dans les chais, d’autant que la vendange est jugée de très bonne qualité, parfois comparée à l’excellente année 2015. Certains esprits chagrins relèvent cependant que les volumes font apparaître un affaiblissement régulier du potentiel viticole français. « Avec une surface stable et sans incidents climatiques notables, nous avons désormais du mal à passer la barre de 45 millions d’hectolitres, alors que nous dépassions facilement 50 millions il y a encore quinze ou vingt ans », explique Jérôme Despey, président du conseil viticole de Franceagrimer. En attendant, la récolte 2018 permettra aux professionnels d’approvisionner normalement leurs débouchés dans les mois qui viennent, après des années de pénuries en vins de Bordeaux et de Bourgogne. La relative abondance du millésime 2018 devrait aussi permettre de modérer les hausses de prix, particulièrement sensibles ces dernières années au sein des vignobles les plus cotés.

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Premiers clients de la production viticole française avec environ 27 millions d’hectolitres, les Français ont toutes les raisons de se réjouir. S’ils restent les deuxièmes acheteurs mondiaux de vin derrière les Américains, leurs achats en volume ont tendance à baisser, passant de 100 litres par habitant en 1975 à moins de 42 litres en 2016, selon Vin & Société, car les Français privilégient une consommation occasionnelle, portant sur des vins de meilleure qualité (très majoritairement des AOP et IGP) et vendus plus cher. En 2017, les achats de vins tranquilles en grande distribution en France ont à nouveau reculé, de 2,8 % en volume (46,5 cols), mais le prix moyen dépensé a de nouveau progressé, de 1,5 % sur un an et de 7,2 % sur cinq ans.

Bruno Carlhian

 

Année exceptionnelle en Champagne

Si la plupart des vignobles se réjouissent d’une vendange de bonne qualité, les professionnels du champagne n’hésitent pas à parler d’une année exceptionnelle tant en volume qu’en qualité. En effet, le rendement commercialisable de 10 800 kg/ha sera atteint dans tous les secteurs, a d’ores et déjà indiqué l’interprofession (CIVC). La récolte permettra aux vignerons et maisons de reconstituer leur réserve interprofessionnelle (qui consiste, les bonnes années, à mettre des vins de côté), afin de pouvoir faire face aux éventuels aléas climatiques des prochaines années. Quant à la qualité, l’ensoleillement, les températures supérieures à la moyenne et l’excellent état sanitaire des vignes font nourrir les plus grandes espérances. 2018 devrait donc être une année à cuvées millésimées.