Ina et NicolasIna et Nicolas

Ina et Nicolas

Du Pain et des Roses, le fleuriste différent.

Grâce au kiosque Du Pain et des Roses, des femmes en réinsertion sont formées au métier de fleuriste avec le respect éthique de la qualité locale et saisonnière. Le kiosque, inauguré à la mi-2020, est la vitrine d’une nouvelle génération écologique et solidaire.

Ina et Nicolas 1« Notre concept c’est de ne proposer que de la fleur française, et qui n’a pas voyagé en avion, donc du point de vue de l’offre, nous sommes tributaires de la saisonnalité, explique Ina, responsable du kiosque Du Pain et des Roses. En hiver, il n’y a pas grand-chose, du mimosa, des renoncules… du coup, on essaie de compléter avec des fleurs séchées, très tendance en ce moment, en attendant la belle saison et beaucoup plus de variétés à proposer. » Le format kiosque n’est pas si simple à gérer, même si c’est très sympathique et attrayant, c’est difficile d’avoir accès à l’eau, à l’électricité, aux toilettes… « Pour un métier qui nécessite de l’eau en permanence, nous travaillons encore avec des bidons que nous remplissons au square d’à côté. Heureusement, nous sommes tout une équipe », reprend Ina.

FLEURS SÉCHÉES ET LOCALES

Les approvisionnements se font à Rungis pour l’essentiel. « Nous y allons tous les mardis et les jeudis pour faire les courses, précise Nicolas, dirigeant de l’entreprise solidaire éponyme. Nos fournisseurs sont notamment Philippe Deletoille pour les fleurs séchées, Dumoulin, Vandendael, Karine Venet, Pascal Feuillage, Boucreux, Premium Flowers… pour les fleurs fraîches. » Il y a aussi Halage, qui vient de s’installer pour sa première saison sur l’Île-Saint-Denis, (93) et qui propose aussi de magnifiques fleurs séchées et locales.
Pour sa première Saint-Valentin (et toutes les suivantes), le kiosque n’aura pas de roses à proposer aux amoureux, puisqu’il n’y a pas de roses françaises à cette époque de l’année. Nicolas n’est pas inquiet. « Nous allons proposer d’autres choses, des renoncules rouges, par exemple. Les gens comprennent et apprécient de plus en plus notre démarche, il y a même des clients qui ne sont pas du quartier qui viennent exprès pour nous. Il est en train de se passer dans la fleur ce qui s’est passé dans l’alimentaire : les gens privilégient l’origine et la saisonnalité des produits qu’ils achètent. » Et Ina de compléter, « nous avons été très bien accueillis, dans le quartier, les gens sont bienveillants, nous avons déjà tout un réseau qui suit ce que nous faisons. La situation est parfaite, très passante. Nous ne sommes toutefois pas encore au maximum du potentiel du quartier, qui compte beaucoup de théâtres, lesquels, comme vous les savez, sont toujours fermés. »

Caroline Maréchal

INFOS CLÉS

Le kiosque du Pain et des Roses

1, place d’Estienne d’Orves

75009 Paris

L’HISTOIRE

Le kiosque Du Pain et des Roses a commencé son activité au début du mois de juillet. Mais c’est une aventure qui a commencé en 2017, quand l’association destinée à former des femmes en réinsertion au métier de fleuriste a été créée. « Nous formons aujourd’hui environ 15 femmes par an, des promotions de 3 personnes tous les deux mois. Nous travaillons actuellement à pouvoir créer, à horizon 2022, un CQP ou un CAP pour nos élèves. » explique Nicolas, dirigeant de l’entreprise sociale, laquelle a été fondée en 2018 pour financer l’association grâce à des activités événementielles majoritairement, et puis le kiosque. Nicolas a répondu à un appel d’offres de la Mairie de Paris qui souhaitait recycler une dizaine d’anciens kiosques à journaux avec des activités à vocation écologique. Le nom, Du Pain et des Roses, vient du poème de James Oppenheim, qui raconte que pour bien vivre, chacun a besoin de pain, de se nourrir pour survivre ; mais chacun a aussi besoin de roses, de beauté, de créativité, de superflu.

Il est en train de se passer dans la fleur ce qui s’est passé dans l’alimentaire : les gens privilégient l’origine et la saisonnalité des produits qu’ils achètent.