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La folle ascension de la noix de coco

Si la consommation de ce fruit à coque est millénaire, la noix de coco ne connaît pas la crise depuis les années 1970. Une forte demande que l’offre, parfois, ne parvient pas à satisfaire.

Elle a fait son nid lentement mais sûrement. Si l’on remonte le temps, quelques décennies en arrière seulement, la noix de coco était surtout utilisée dans la confection de desserts. Elle connaît aujourd’hui un engouement qui dépasse l’entendement. « La noix de coco rencontre un vif succès notamment du fait de la tendance végane, ainsi que la volonté des consommateurs de se tourner vers des produits plus naturels », explique Interfel. À l’échelle du globe, l’industrie des produits à base de noix de coco représentait en 2019, 12,75 Md$ et devrait parvenir à 31,1 Md$ d’ici à 2026, selon des chiffres fournis par la plateforme Planetoscope. La production de noix de coco est logiquement en hausse constante depuis un demi-siècle et était estimée à près de 70 millions de tonnes en 2017. En France, 3 223 tonnes ont été produites en moyenne dont 18 tonnes pour la Guadeloupe, 52 pour la Martinique, 1839 pour la Guyane, 367 tonnes pour la Réunion et, enfin, 947 tonnes pour Mayotte ; le tout entre 2015 et 2017. Sa culture et sa consommation demeurent toutefois millénaires, mais « pratiquement le tiers du secteur agricole mondial dépend de la production du cocotier pour survivre », commente Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires et ancien doyen de l’université d’Halifax. Ce dernier explique que, aujourd’hui, plus de 90 pays produisent la noix de coco avec, sur le podium des plus importants pourvoyeurs de ce fruit à coque : les Philippines, l’Indonésie et l’Inde. À eux seuls, ces trois États sont à l’origine de plus de 70 % des volumes de noix de coco consommés à travers le monde. « C’est durant la Seconde Guerre mondiale que l’Occident s’est intéressé à la noix de coco, au début modestement », ajoute Sylvain Charlebois. Mais l’explosion de la demande a déstabilisé la production mondiale ces dernières années. Les exportations en provenance des Philippines ont augmenté de 1 000 % depuis le début des années 2010 tandis que les Caraïbes, une autre région productrice de cette noix, peinent à fournir les différents marchés. « Malgré la popularité de cette denrée, 60 % des producteurs du secteur reçoivent toujours pratiquement le même prix pour leurs noix de coco et vivent sous le seuil de la pauvreté », constate l’universitaire.
M. R.

Que boire avec...la noix de coco !

Qui dit bons produits, dit bon vin !