Deux filets de thon rouge dressés sur une ardoiseDeux filets de thon rouge dressés sur une ardoise

Le thon rouge

Le seigneur des mers

Le thon est (pas) donné !

Quand ils ont appris qu’en 2013 un thon rouge du Pacifique (thunnus orientalis) avait été vendu 155 millions de yens sur le marché de Tsukiji, au Japon, soit plus d’1,3 million d’euros au cours actuel, certains amateurs de poisson gras ont écarquillé les yeux en se disant qu’avec un peu de chance et un bon moulinet, ils pourraient faire une bonne affaire.

Mais ce n’est pas si simple que cela : d’abord parce que le thon rouge, qu’il soit du nord (thunnus thynnus) ou du sud (thunnus maccoyii) est le seul poisson au sang chaud – ce qui lui permet de vivre dans des régions où l’eau est très froide – qu’il se déplace sur de très longues distances, vit jusqu’à 30 ans et peut atteindre des pointes de vitesse de 80 km/h ! Autant dire qu’il faudrait une dose de courage ou d’inconscience pour s’attaquer à ce seigneur des mers. Ensuite parce que les stocks ayant été décimés, des quotas de pêche drastiques ont été mis en place ces dernières années, passant de 32.400 tonnes en 2006 à 15.821 tonnes en 2015. Enfin, parce que ce ne sont que les premiers poissons vendus sur le marché tokyoïte qui atteignent des prix faramineux, les autres étant vendus à un cours plus raisonnable. Du reste, le prix du thon vendu aux enchères l’année suivante s’était effondré à 7,3 millions de yen. A ce compte-là, si vous décidiez d’investir dans ce secteur risqué ce serait votre banquier qui risquerait de voir rouge !